3 ans hors de ma prison dorée !

Chère/cher toi qui me lit,

Aujourd’hui nous sommes le 5 février et c’est l’heure du bilan, simplement, calmement (oui oui là je chante toute seule, une chanson qui a marqué mon adolescence !).

Aujourd???hui est un jour tout particulier, je fête mes 3 ans !!! Waouh quel bonheur 🙂 .

3 ans que j???ai quitté mon CDI.

Je me souviens lorsque j’ai eu la confirmation en janvier 2010, que j’avais enfin un CDI. J’ai ressenti un sentiment de joie mêlée à de l’angoisse ! La joie car je n’avais jamais eu de CDI alors qu’on me disait que je ne trouverais jamais dans ce domaine (la communication). Mon 2ème sentiment fût de l’angoisse. Alors que dans notre cher pays, le CDI est perçu comme le graal, moi il me faisait peur. Peur de m’engager et de devoir partir un jour, et surtout, l’angoisse et la peur de m’ennuyer. Ce même ennui qui m’a fait quitter la chimie 2 ans auparavant??? Maintenant je sais d’où il vient. Il se produit quand j’ai fini d’apprendre, ou plutôt quand j’ai le sentiment de ne plus rien apprendre, d’avoir fait le tour de la question, alors là je change. C???est un peu ce qui guide ma vie.

Cela fait 3 ans que j’ai quitté ce CDI, ma prison dorée. Je suis restée 4 ans dans ce job et attention quand je parle de prison dorée, je vise l’aspect social du CDI. Car ce job m’a apporté beaucoup de choses. Alors qu’il y a 3 ans, je ne retenais que le négatif de cette expérience, comme le manque de fluidité avec la hiérarchie, la critique de ma manière de travailler/fonctionner, des insultes comme cafard ou sale SS (ça, pas sûre que j’ai pardonné). L’ultrasensible que je suis n’arrivant pas à prendre de la hauteur, m’exprimant ni ses peurs, ni ses émotions et surtout surtout je n’assumais pas mon hyper sensibilité. Aujourd’hui, je pleure toujours autant, par contre j’assume mieux et je vis mes émotions même si ce n’est pas toujours simple.

Il y a 3 ans, je me revois à mon pot de départ avec quasi tous mes collègues de bureau présents, j’ai été super gâtée, on a bien ri. En même temps, j’ai eu mal car il n’y avait personne pour faire un discours comme c’était la tradition, et même pire que ça la personne qui aurait dû le faire est arrivée alors que tout le monde partait. Cela m’a fait mal très mal.

J’ai quitté cette entreprise comme un oiseau meurtri, blessé, sans confiance. Peut-être mes anciens collègues, qui me lisent, seront étonnés car j’étais souriante et plutôt joviale. J’avais érigé une belle carapace de protection.

3ans c’est peut-être le temps qu’il m’a fallu pour accepter le bon et le moins bon de cette expérience. J’ai appris énormément et j’en ai gardé des souvenirs merveilleux qui me permettent d’être là où je suis aujourd’hui. J’en citerai quelques-uns comme le partenariat avec le film « Mais qu’est-ce qu???on a fait au bon dieu », c’est l’ado en moi qui a grandi avec les visiteurs qui était comblée de voir Christian Clavier en vrai. Ou la petite fille qui a rêvé lors d’une convention (= séminaire) au musée Grévin, waouh c’était magique. Les parties de babyfoot dans la salle de pause et les blagues d’une grande classe lors du déjeuner me manquent. Ou encore mes collègues qui m’ont donné des surnoms et ça j’en ai eu quelque uns : « l’homme qui tombe à pic », du jour où je suis tombée dans l’escalier la tête la première et que les pompiers m’ont emmenée sur une civière ; ou « l’écureuil » car j’avais toujours à manger dans mon tiroir ; « l’oeil de lynx » car j’arrivais souvent à voir la coquille sur les outils de communication (euh ça je crois bien que ça marche toujours ;-)) ; ou la faussaire pour avoir remplacé un logo par un autre, sur un document (je te rassure rien de très important).

3 ans c’est aussi le temps dont j’ai eu besoin pour me rendre compte des supers projets que j’ai gérés comme l’organisation des conventions à Paris, Lille et La Clusaz, la mise en place d’un call center (gestion du service clients) en interne et en externe, ou la mise en place de visites mystères dans -je crois- 200 points de ventes (Emilie, si tu me lis, j’espère que la pilule est passée 😛 )

Avec ça, j’ai augmenté mes compétences en communication et du marketing, et j’ai surtout appris et compris beaucoup de choses indispensables à la gestion d’une entreprise. J’ai vu l’importance du juridique dans un pays champion du monde des lois ; de la comptabilité (et ça c’est pas mon fort, heureusement, heureusement les comptables ce sont mes potes); de l’informatique où je connais toujours le numéro de mon ordinateur car comme m’a dit une charmante jeune femme, j’ai le modjo de l’informatique, y comprendre la poisse, car bordel ça buggait tout le temps et tellement de fois que c’était incompréhensible, heureusement les informaticiens étaient super sympas et patients. J’ai compris qu’une entreprise a besoin des services supports et de la stratégie pour fonctionner, ce que représente son siège et qu’elle n’est rien sans l’opérationnel, ceux qui sont au contact des clients, du service et/ou des produits. Pourtant pour l’avoir vécu dans plusieurs sociétés, j’ai toujours eu le sentiment que ce sont 2 mondes qui s’opposent, surement parce qu’ils ne se comprennent pas vraiment, parce qu’ils ne se connaissent pas, ils ne connaissent pas le job de l’autre, ses obligations.

Bref, voilà, 3 ans que c’est fini, que j’ai ouvert la porte de ma prison dorée. Je pensais qu’à l’extérieur l’herbe serait plus verte, comme souvent peut-être. Je croyais surtout qu’elle était que verte. J’avais oublié que parfois dans la pelouse, il y a des trous, parfois petits, parfois énormes, d’autres fois il y a des taupes. Et pourtant tout ça fonctionne ensemble dans la nature ! Je n???avais pas pris en compte tout ça et c’est très bien car sinon je n’aurais pas osé ouvrir la porte de la prison.

Pourquoi prison ??

Car sans cela, comment trouver un appart quand on habite une ville comme Paris, comment assurer une sécurité financière, comment fonder une famille ? Toutes ces questions que je n’osais me poser à l’époque, 1 mois pile-poil avant mes 30 ans.

A cette époque, j’ai suivi mon coeur et mon intuition pour prendre cette décision. Je vous le crie haut et fort, j’ai choisi de m’offrir le plus beau des cadeaux pour mes 30 ans. Le hic en suivant mon intuition, le paramètre que je n???avais pas pris en compte : c’est que ma tête avec toutes mes peurs a été INCONTROLABLE. J’ai parfois vécu un enfer. L’enfer de ne plus avoir d???argent en milieu de mois pour m’acheter à manger, la solitude car je bossais de chez moi. Parfois il m’arrivait de ne voir personne de la journée, de me morfondre, de ne pas savoir à qui parler, surement parce que j’avais besoin de me retrouver seule face à moi-même, d’accepter mes zones d’ombres et de lumières et ça ce n’est pas simple encore aujourd’hui.

En 3 ans, j’ai eu à affronter l’image du connard de chef d’entreprise (qui ne se paye pas donc chef d’entreprise en mousse quand même), de l’assistée de la société au pôle emploi, du cassos qui touche le RSA et du fumiste à temps partiel.

Car oui, il y a quelques mois j’ai repris le chemin du salariat, comptes bancaires obligent ! Entre les lettres de relance de la banque perso, avec le compte, depuis trop longtemps à découvert et 2 prélèvements bloqués sur le compte pro, mon entreprise que j’ai cru devoir fermer, mon angoisse était plus forte que tout. Alors, merci à mon temps partiel au SMIG qui m’a permis de sauver mon entreprise et moi-même.

Oui j’ai enchainé, depuis novembre, les contrats pour remplacer des personnes en arrêt maladie, d’abord, comme vendeuse en lingerie puis conseillère beauté (ou vendeuse en parapharmacie). Merci car j’ai pu rompre avec l’isolement, remettre mes comptes dans le vert et me faire plaisir, car ça je l’avais oublié ces derniers temps.

La vie a ce côté magique ou pas, de nous refaire vivre les choses qui se passent mal jusqu’à ce que l’on comprenne ce qui va et ne va pas.

Ces derniers temps, j’ai donc revécu des peurs profondes. Je dirai même des traumatismes qui viennent du passé. J’ai pris mon courage à 2 mains pour faire mieux. J’ai eu, par exemple, une nouvelle responsable, j’ai osé lui ai parler de mes peurs liées à la hiérarchie, à l’autorité. Je vais te dire que j’étais tellement mal, tellement pas moi-même que j’avais plutôt intérêt à le faire. Et j’ai compris, j’ai une qualité : l’autonomie. Seulement, comme me l’a souvent répété une ancienne chef, on a les défauts de ses qualités ! Donc lorsque j’ai une tâche à remplir, je le fais tranquillement dans mon coin et je demande de l’aide uniquement quand je n’ai pas d’autre choix. J’ai longtemps cru que demander de l’aide était un signe de faiblesse. Aujourd’hui, grâce à ces 3 ans, je prends et j’ai pris conscience de l’importance de demander de l’aide et de la puissance que ça génère. Attention, je demande de l’aide et j’exprime mes besoins à des personnes réceptives sinon gare aux missiles qui arrivent derrières. Je me sens prête à affronter les missiles même si les dommages collatéraux peuvent faire mal. J’ai compris que courir avec les missiles au cul, t’es d’accord, ça fait mal et bim perdu, essaie encore !!!

Le CDD à temps partiel se termine bientôt et je vois déjà les bénéfices. Oui j’ai relevé de beaux défis. Déjà, j’ai pu prendre la mesure d’une citation d’un ami « vendre, c’est rendre service » car oui quand j’achète quelque chose je suis ravie que la vendeuse soit gentille et de bons conseils. Si j’ai l’impression qu’elle me pousse à la vente, je dis non ou je vais voir ailleurs. Et quand une cliente que je remercie pour son achat, me dit « non merci à vous pour votre gentillesse et vos conseils », je me dis que c’est gagné !

J’ai appris que le commerce, ce n’est pas simple tous les jours et pourtant j’adore ça.

J’aime ces moments de vie partagés avec des clients, surtout imagine quand tu vends des soutifs ! J’ai vu un miroir de la société parfois qui m’a touché dans le sens positif lorsque j’ai vu des maris patients attendant que madame fasse ses achats. Parfois dans le sens moins sympa, quand je voyais le regard de certaines femmes sur leurs corps, l’envie de garder un corps de jeune fille malgré les années et les grossesses.

J’ai eu des conversations agréables avec une femme enceinte qui choisissait son pyjama pour la maternité ou des moments de solitude quand je me fais agresser verbalement parce que je ne connais pas le produit que madame cherche (quoi ? comment ça ? je ne connais pas les 7000 références du magasin, quel boulet 😉 ).

Grâce à mes collègues esthéticiennes, j’ai réappri à prendre soin de moi car oui ces derniers temps, j’avais oublié une personne essentielle dans ma vie = moi.

Alors je réajuste, je teste de nouvelles choses.

En 3 ans, j’ai pu voir à quel point j’ai de nombreux talents. Et il y en a qui m’ont été très utile, le côté « je rebondis plus vite qu’une balle » et le côté MacGyver. Bon là, j’ai du mal à trouver les mots qui correspondent à ces qualités, pssst si tu m’as comprise et si tu as le mot, pleassssse envoie le moi.

Pour oser cette vie sans CDI parce que ma flamme intérieure mourrait à petit feu, j’ai eu besoin de déborder d’ingéniosité (pas mal ce mot, non ?) pour jongler entre vie perso et vie pro.

J’ai touché à ma sécurité, je me suis expulsée toute seule de ma zone de confort et très fort, trop fort. Et là j’ai ramé parfois sur des ruisseaux calmes et paisibles, parfois sur des torrents déchainés.

J’ai eu l’impression d’être une girouette dans la tempête, mais le vent se calme à l’intérieur, je me stabilise peu à peu.

Parce que ces 3 ans m’ont permis de me connaître, de m’aimer, de m’apprécier, de faire tomber des morceaux de ma carapace, d’accepter ceux qui ne sont pas tombés et ceux qui ne tomberont peut-être jamais.

Ces 3 ans m’ont permis de chercher au fond de mes tripes et de mon âme ce que je veux apporter aux autres et à moi-même. De voir l’important, de faire des choix de les assumer, de réajuster au besoin, de changer.

Et sans ce CDI, j’en ai fait des choses !!!

J’ai rencontré un homme merveilleux qui partage ma vie depuis bientôt 1 an (encore 1 mois et 1 jour 😉 ). Si j’avais été en CDI, je n’aurais pas pu quitter Paris aussi rapidement pour le rejoindre. Je ne serais peut-être pas ici à La Baule près de l’océan Atlantique que j’aime tant. Je n’aurai pas pu prendre quelques jours pour le décès d’une personne que je n’avais pas vu depuis très, trop longtemps. Je ne pourrai pas préparer une surprise pour l’anniversaire de ma soeur (don’t panic, quand l’article sera publié, j’aurai déjà fait ma surprise). Je n’arriverai pas à tenir le coup alors que je dors entre 4 et 6h par nuit, depuis des semaines. Je n’aurai pas pu travailler sur moi au point de m’épuiser physiquement et mentalement et pourtant j’en avais besoin.

Peut-être qu’avec ce CDI, je n’aurai pas perdu de vue des amis chers à mon coeur. Je n’aurai pas non plus risqué ma santé. J’aurai aussi pu éviter beaucoup de conflits avec mes proches. Quoique !

Oui 3 ans que je suis sortie de ma zone de confort que j’ai pris la parole en public alors que je m’en sentais incapable avant et j’ai aimé ça. J’ai appris à vendre et que l’argent a une valeur, celle que je lui donne. Que vivre sans ou avec peu a été magique. J’ai vécu en colloque quelques mois avec un homme merveilleux de 20 ans mon ainé, malgré « les on dit », dans un appartement pas adapté pour 2 et pourtant j’étais heureuse. J’ai appris qu’il n’y a pas de bien ou de mal mais ma façon de voir la situation et de l’interpréter.

J’ai appris que j’aime les défis, que je suis responsable de ce qui m’arrive. J’ai appris à oser ma vie idéale avec les concessions que cela implique. J’ai compris que ma vision de la réussite comprend le bonheur, l’amour et l’argent, que j’avais et j’ai des principes à modifier et des peurs à accepter.  J’ai compris que sortir de ma prison dorée est un cadeau merveilleux que je me suis faite, qu’il a un coût : celui que je lui donne. Que je suis fière de mes 3 dernières années.

J’ai compris que c’est cela que je veux offrir à mes clients « oser sa vie idéale ».

En retournant sur le chemin du salariat, j’ai calmé ma peur de ne pas avoir de sécurité financière pour me permettre de créer ce qui me tient à coeur.

Dans quelques jours, je vais relâcher le parachute du salariat pour me consacrer pleinement à mon entreprise. Et où il y a 3 ans, j’ai fait un saut dans le vide pour créer cette entreprise, sans voir la pelouse. Aujourd’hui, je me sens prête à la développer et la pérennisée car la pelouse, je la vois !

Laurence

Crédit photo : Pixabay – Gellinger

2 réponses à “3 ans hors de ma prison dorée !”

  1. Annie Popoff dit :

    sortir de sa zone de confort est une dmarche courageuse parce que nous ne savons pas toujours si nous retrouverons une autre zone pour y construire quelque chose…bien sur il est intressant de se pencher sur soi mme ,mais il ne faut pas hsiter demander de l’aide pour tre certain (e) de ne pas se retrouver seul(e) dans un trou de cette pelouse qui semblait si confortable…et puis une fois que nous avons trouv une partie de ce qui n’allait pas et bien il faut essayer de corriger nos faons d’agir ou de penser pour qu’enfin, l’image que nous avons de nous, commence nous plaire….et puis nous pouvons alors recommencer vivre plus sereinement , voir qu’il existe d’autres personnes…nous sommes alors peut- tre prt (e) aimer , partager ces instants de bonheur que la vie nous envoie …une fois ce partage d’instants de bonheur (ou pas) pleinement assum il est alors possible de se projeter vers un avenir dans lequel couple,enfants,famille et professionnel peuvent trouver leur place…je te souhaite d’atteindre cette srnit …bisous …Annie

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